Le « rubis » du Prince Noir de la couronne d’Angleterre est un spinelle. Le Côte de Bretagne des joyaux de la Couronne de France aussi. Longtemps confondu avec le rubis, le spinelle est aujourd’hui recherché pour lui-même. Ce qu’il est, et ce qui fait sa valeur.
Le spinelle est un oxyde de magnésium et d’aluminium. Il se forme dans les mêmes gisements que le rubis — Mogok, en Birmanie, en premier — et lui ressemble assez pour avoir orné les couronnes sous le nom de « rubis balais ». Il n’en a été distingué qu’en 1783, par le minéralogiste Romé de l’Isle. Au laboratoire, il se reconnaît à sa réfraction simple, là où rubis et saphir sont biréfringents. Il n’est presque jamais chauffé : l’une des rares pierres de couleur vendues naturelles par défaut. Voir le lexique des provenances · l’origine des rubis.
Couleur, origine, absence de traitement : les six repères.
Rouge vif, rose incandescent, rouge orangé, bleu cobalt, lavande, gris : le spinelle couvre un spectre entier. Le rouge pur et le rose néon tiennent le haut du marché.
Birmanie : les rouges classiques de Mogok et les roses-rouges très vifs de Namya, que le marché surnomme « Jedi » depuis les années 2000.
Tanzanie : en 2007, des cristaux de grande taille d’un rose-rouge lumineux ont fait connaître Mahenge au monde entier.
Tadjikistan, le gisement historique du Pamir : c’est de là que viennent les grands spinelles des trésors moghols et des couronnes d’Europe.
Luc Yên, au Viêt Nam : un bleu saturé par le cobalt, rare et très recherché. La plupart des spinelles bleus, colorés par le fer, tirent sur le gris.
Le spinelle n’est traditionnellement pas traité. Des chauffages ont été signalés depuis les années 2000 ; les laboratoires les détectent et le mentionnent.
« Rubis » des trésors royaux, pierres gravées d’inscriptions mogholes, bijoux du XIXe siècle sertis de spinelles pris pour des rubis : une bague ancienne « rubis » de famille mérite qu’on regarde deux fois. SSEF, Gübelin et GRS déterminent l’origine d’un spinelle comme celle d’un rubis. Nos guides : identifier un bijou ancien · le certificat de pierre précieuse · vendre un rubis.
Un oxyde de magnésium et d’aluminium, pierre de couleur formée dans les mêmes gisements que le rubis. Longtemps confondu avec lui, il n’en a été distingué qu’en 1783. Il n’est presque jamais traité.
Oui, et croissante : les rouges de Mogok, les roses-rouges de Namya et de Mahenge, les bleus cobalt du Viêt Nam sont recherchés par les collectionneurs et les grandes maisons de joaillerie.
Au laboratoire : le spinelle est monoréfringent, le rubis biréfringent, et leurs inclusions diffèrent. À l’œil, l’erreur a traversé les siècles — le Prince Noir en témoigne.
La Birmanie (Mogok, Namya), Mahenge en Tanzanie, Kuh-i-Lal au Tadjikistan pour l’histoire, Luc Yên au Viêt Nam pour le bleu cobalt.
Traditionnellement non. Des chauffages ont été signalés depuis les années 2000 ; les laboratoires les détectent. Une pierre non traitée reste la norme et vaut plus.
À la maison Altmann, 22 rue Drouot, Paris 9e, sur rendez-vous. Estimation verbale gracieuse, pierre montée ou sur papier, avec ou sans certificat ; nous vous conseillons sur l’opportunité d’une analyse.
Faits vérifiables, relus en septembre 2026. Pour un cas précis, le rendez-vous tranche.
Une pierre rouge de bijou ancien peut être l’un ou l’autre. Le spinelle est monoréfringent, le rubis biréfringent : le laboratoire tranche en quelques minutes ; l’œil seul se trompe depuis des siècles.
Mogok, Namya, Mahenge, Kuh-i-Lal, Luc Yên : les laboratoires déterminent l’origine des spinelles comme celle des rubis, et la mentionnent sur le rapport.
L’absence de traitement est la norme ; un rapport mentionnant un chauffage se lit comme une exception, qui pèse sur le prix.
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